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Humour

Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 09:27
Que l'on parle de  chat ou d'autre chose !



Matez ma tique.

 

Matez ma tique dit le chat revenant de son escapade. On ne compte plus il est vrai les jours ou je reviens sans tant il est difficile de trouver un nombre adéquate entre un et zéro. Et oui, même moi, chat, ça je peux comprendre. Et l’on dit que les chats ne savent pas compter… Au moins jusqu’à neuf, c’est plus prudent si l’on veut économiser la dernière… Economiser sans intérêt, aucun intérêt me direz-vous ! Aucun intérêt, parlez pour vous, j’y tiens à cette dernière vie. Mais non, suis-je bête, vous ne me direz rien, les chats ne savent pas parler et ne comprennent pas le langage des hommes. Là, c’est vous qui faites preuve d’un esprit limité, d’une incohérence, vous me prenez toujours à témoin et me conter les exploits ou mésaventures de votre journée. Vous voyez, j’ai des lettres. Evidemment vous ne croirez jamais que c’est moi, le chat, qui ai écrit ces lignes, et pourtant en vérité je vous le dis… Mon Dieu quelle envolée, je plagie, preuve s’il en fallait encore  que ma culture ne se borne pas à l’aspect culinaire.

Mais revenons-en à ma tique. Ayez l’obligeance, je vous prie de daigner me l’enlever, car si je peux, parler, écrire, compter quoique vous en pensiez, il m’est bien difficile de la décrocher seul.

Je vous sens rebuté par cette action pourtant simple à réaliser. Peut-être trouvez-vous que la chose se répète un peu trop souvent… Comment ça, une hache, mais vous êtes fou mon ami, faites donc attention ;

Ca y est, vous m’avez détaché le chef du reste du corps. C’est malin ! Certes la méthode est radicale pour m’extraire cette terminaison dont j’étais affublée, mais j’estime que les dommages collatéraux sont disproportionnés. Qu’importe il m’en reste huit. Ne bougez pas, je prends ma tête sous le bras, enfin sous la patte, enfin comme je peux… déjà que je me suis fait rouler, je ne vais pas en rajouter en la poussant sur le sol. Comment ça, non ! Je n’en ai plus huit ! Sept alors ! Non plus ? Ni six, ni cinq ?

C’était la dernière ?

C’était la seule ! Vous voulez me faire peur !

C’était une légende …

Chat alors !

Vous auriez pu me prévenir. Donc, vous m’avez occis pour de bon, façon de parler, rien de bon pour moi la dedans.

Bon je prends ma tête et m’en vais mourir ailleurs.

Je suis déjà mort ! Mais je parle encore.

Ca ne se fait pas ! je suis un chat mal élevé… Il est vrai que je me sens un peu abattu.

Mais c’est de votre faute si je parle encore, vous donnez toujours votre langue au chat.

 

Vous savez quoi !   Vous êtes un chalaud !

Par Gerard Menvussa - Publié dans : Humour
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /Déc /2007 10:31
Ce texte est dédié à l'attention d'un confrère de plume  qui a osé, un jour, me comparer  à Brown. Pauvre  Frédéric.
Ceci étant, je le remercie, car c'est bien sympathique, même si j'ai bien été obligé de lui conseiller d'acheter des lentilles, ou autres légumes secs.


Ce samedi là, j’étais seul à la maison, un week-end de vacances, la petite famille étant partie se ressourcer à la campagne.

Je m’apprêtais à passer une soirée de rêve devant la cheminée, un pack de bière,  un bon livre, le pied ! Je m’étais même préparé un petit plateau repas, histoire de n’être pas obligé de me lever au milieu d’un chapitre palpitant. Le roman, Noires racines de Pierre Pelot, un de mes auteurs fétiches[1].

Dehors il faisait nuit noire et le vent dansait une sarabande. C’était le week-end d’halloween, une ambiance propice à ma lecture.

On sonna à la porte, bon, à la fenêtre c’eut été plus inquiétant. Machinalement je regardai la pendule 11h45. Qui cela pouvait-il bien être ? Je me levai, rassuré par mon mètre quatre vingt dix, mes cent dix kilo, mes ceintures noires de judo et karaté[2], quand je pense qu’étant jeune j’aurais pu être la doublure de Bruce Lee, en fait il ne me l’a jamais demandé[3]. Bref j’allai ouvrir.

Quelle ne fut pas ma stupeur, sans tremblement, s’il vous plaît, de me trouver face à un fantôme ; enfin, un drap avec un masque style « Scream ».

Les deux cannettes de bière, déjà ingurgitées aidant, je m’enhardis et demandai :

- C’est pourquoi ?

En réponse j’eu le droit à un rire gras.

- Bon, je sais, c’est halloween mais je n’ai pas de bonbons.

Une voix me répondit alors

– Une bière m’ira très bien.

La voix était étrange, allant du grave à l’aigu, une voix déguisée. J’étais victime d’une farce et j’avais envie de rentrer dans le jeu.

J’invitai mon fantôme et lui indiquai le salon.

Comme il me précédait, je remarquai sa démarche légère, il semblait glisser, aérien.

Tout de suite il me vint à l’esprit qu’une femme s’était glissée sous ce drap, peut-être n’avait-elle que ce drap comme vêtement.

Cette idée m’amusa et m’excita un peu. Mais je voulais jouer le jeu sans prendre aucun raccourci.

Je proposai à mon fantôme de s’asseoir sur le canapé, ce qu’il fit avec une légèreté déconcertante. J’imaginai ce petit bout de femme, nue sous son drap, assise sur ses jambes repliées. Nous trinquâmes, une canette à la main, comme des hommes. Je souriais.

- Quel brise vous amène Monsieur le fantôme ?  Dis-je d’un ton enjoué

Alors que j’attendais la réponse, j’essayais de deviner quelle voisine, quelle connaissance avait bien pu se dissimuler ainsi.

- Je suis le fantôme de Frédéric Brown, vous vous doutez, je pense, de la raison de ma présence ?

La voix avait gagné en assurance mais oscillait toujours sur deux ou trois octaves.

Je pris mon ton le plus docte et répondis :

- Non, je ne vois vraiment pas ce qui me vaut l’honneur de votre présence très cher Frédéric.

J’avais bien appuyé la fin du prénom, comme s’il y avait un « e » histoire de lui faire comprendre que je n’étais pas dupe.

- Vous avez une certaine audace, Monsieur…

- Menvussa, Gérard Menvussa !

Mon fantôme pouffa de rire. Je jouai les outragés

- Qu’est-ce donc qui vous amuse à ce point, mon nom serait-il comique ?

Mais il se ressaisit et continua

- Pensez-vous, qu’il soit correct,  de vous faire passer pour moi, cet hurluberlu qui compare votre médiocrité à mon talent ! Pensiez vous que je ferais la sourde oreille.

La discussion prenait un ton auquel je ne m’attendais pas, cette coquine veut se la jouer, me dit une petite voix dans ma tête. Un point cependant se heurtait à ma raison, comment pouvait-elle être au courant du mail que j’avais reçu ce matin même.

 

 

N’ayant pas de réponse satisfaisante et désireux de tenir mon rang dans cette joute oratoire je préfère ne pas en tenir compte ; il y a une explication que l’on découvrira en temps voulu.

- Cher Frédéric, je vous trouve bien hautain, mon talent s’il n’égale pas encore le vôtre ne mérite cependant pas que vous traitiez de la sorte.

La fantomette, car il ne fait plus aucun doute que c’est une femme, la voix en s’accélérant a perdu toute tonalité masculine, se radoucit.

- Soit, vous ne manquez pas de répartie, il y a quelques idées plaisantes, néanmoins de là à vous comparer à moi !

- Cher Frédéric, sachez que je ne contrôle pas les élans de sympathie des auteurs de ce site.

- De ce quoi ?

- De ce site, sur le Web, vous savez…

- Non, je ne sais pas et cessez de me prendre pour un demeuré, qui est ce Web, un ami à vous ?

Je commençais à trouver la plaisanterie un peu lourde, mais bon, un jeu est un jeu. Je m’armais de patiente et expliquais ce qu’étais le web. J’avais la curieuse impression de faire un cours à l’idiot du village, mais un idiot qui s’exprimait parfaitement et qui de surcroit me semblait posséder une culture générale hors du commun pour tout ce qui pouvait avoir plus de quarante ans d’âge. D’ailleurs à ce propos il abandonna la bière pour passer au whisky, et ce après trois canettes. Je continuais à la bière.

La bière, si elle vous soule moins vite que le whisky, vous donne des envies pressantes ; je m’excusais donc un instant, me demandant soudainement, alors que j’étais occupé par ailleurs, s’il était bien prudent de la laisser seule dans le salon.

De retour, je constatais que mon fantôme avait quitté le canapé pour étudier le contenu de ma bibliothèque. Les œuvres de  F. Brown y figuraient en bonne place et mon invitée semblait toute contente de les y trouver. Je ne pus m’empêcher de penser qu’elle était un peu déjantée en espérant qu’elle ne soit pas en plus cleptomane.

- Mais je vois que vous possédez mon œuvre complète !

- Oui, Frédéric Brown est en effet un de mes auteurs préférés et siège en bonne place à côté de Dick, Asimov, Curval, Steiner…

- Oui, oui ! Tout ça est très intéressant et plaide en votre faveur.

Des faveurs, allait-on enfin aborder le vif du sujet ?  Par le plus grand des hasards, mon regard se porta alors sur le coin de canapé que mon hôte avait précédemment occupé. Quelle ne fut pas ma colère en constatant que la belle, ou supposée telle, s’y était outrageusement oubliée. Me rapprochant alors je pus sentir l’odeur de la bière mélangée à celle du whisky.

Mon sang ne fit qu’un tour, au diable les fantasme, il est des réalités qui ne passent pas.

Je me précipitais vers elle en l’invectivant.

- Si vous ne supportez pas l’alcool, ne vous croyez pas obligée de faire semblant et de tout me balancer sur le canapé. Et puis carnaval, c’est passé, bas les masques !

Je lui arrachais sa pâle figure en pvc véritable.

- Vous pourriez au moins….

Je reculais d’un pas, tétanisé, mon cœur passa subitement la troisième.

- Et alors ! Vous vous attendiez à une tête de mort ?

- Je, je…

- Je suis mort en 1969, soyez heureux de n’avoir affaire qu’à mon âme, qu’à mon esprit, ma dépouille serait quant à elle fortement repoussante.

 

Vous me croirez ou non, mais la suite de la soirée qui se prolongea  jusqu’aux aurores fut des plus agréables. Nous dissertâmes (Fallait le placer celui là) de choses et d’autres, de littérature, de l’évolution de la société, des nouvelles inventions et découvertes.

Le coq chanta. Un coq, un vrai, lançant un cocorico retentissant ; c’est à croire qu’il l’avait apporté avec lui car je n’en connaissais pas dans le voisinage.

Je reconduisis le fantôme de Frédéric Brown jusqu’au seuil de ma demeure et le vis, ému, se fondre dans les brumes du petit matin.

Cette histoire, véridique s’il en est, laissera dans ma mémoire un sillon profond que le temps ne saura effacer.

Oh toi qui te reconnaitras sûrement, ceci dit sans aucune rancœur, méfie toi si tu me compares encore à quelque auteur.

Frédéric possédait un humour, humour posthume, que d’autres n’auront peut-être pas.



[1] Véridique.

[2] Totalement faux : 1m80 et ceinture de pantalon à deux crans.

[3] On peut rêver !




Par Gerard Menvussa - Publié dans : Humour
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 22:40


L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.

Merci Victor.


- Qu’est-ce que tu fais là, dans une caisse en bois, à six pieds sous terre ?

- Je dors, et j’aimerais qu’on me foute la paix, on m’avait promis le repos éternel.

 

 

- Ca va, ne râle pas, l’éternité c’est long, tu vas finir par t’ennuyer.

- Je ne suis enterré que depuis cinq minutes que déjà tu viens m’enquiquiner !

- Elle est bonne celle-là, cinq minutes, mais cela fait déjà cinq ans que tu croupis dans ta caisse en bois.

- Et bien comme cela, l’éternité passera plus vite. Et puis ferme la porte, il ya des courants d’air.

- Courants d’air ! Ce sont des trous de vers dans ta vieille carcasse. Je te laisse.

Le temps passe donc si vite, quand on est mort, pourtant j’ai du mal à trouver le sommeil, des images qui me reviennent perpétuellement. Il me manque un peu.

- Salut ! Me revoilà ! Comment te sens-tu ?

- C’est un peu long, je l’avoue. Ca me gratte dans le dos, et je n’arrive pas à me retourner.

- Tu m’étonnes, te retourner, ça ne s’est jamais vu, quoiqu’on en dise. C’est dans ta tête tout ça, enfin, façon de parler. Tiens j’en vois un.

- Tu vois quoi ?

- Un ver.

- Ou ça ?

- Dans ton orbite gauche.

- C’est écœurant !

- Pas beau à voir ! Mais ça va bien avec le reste.

- C’est peut-être ça un œil de « ver » !

- Mais tu n’as pas perdu ton sens de l’humour ! C’est bien, ça conserve.

- Ca fait combien de temps, maintenant ?

- Plus ou moins cinq siècles. Tu trouves toujours que cela passe vite ?

-  Non ! C’est mortel ici.  Mais, tu es qui toi ?

- Ah, la question que je redoutais, il fallait bien que tu la poses un jour. Je suis ta conscience.

- Ma conscience ! Que fais-tu ici ?

- Pareil que toi, je tue le temps !

Par Gerard Menvussa - Publié dans : Humour
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