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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /Déc /2007 18:34
Ce texte sans prétention répond à une contrainte.
Faire peur, un reste d'halloween tout en plaçant un certain nombre de mots.

Arthrose, stupide, acharner, résister, école, talent, dictionnaire, bleu, pain, agréer.

Oui, c'est pas moi qui les ai choisis.

Voici le texte :

C’est de l’Art, Rose, de l’Art. Et tu n’y comprends rien, serais-tu stupide Rose. La pauvre femme, prostrée, s’est réfugiée dans un angle de la pièce, elle est couverte de bleus, il la bat.

Quelque soit son humeur il s’acharne sur elle et plus elle lui résiste plus elle prend des coups. Comment a-t-elle pu tomber dans les griffes de ce monstre. Elle se rappelle l’avoir aimé, c’était il y a si longtemps. Jeune et insouciante, elle était tombée sous son charme. Lui, grand, de belle prestance, était son professeur à l’école des beaux arts. Il lui avait écrit, une lettre fort bien tournée. Il lui trouvait du talent et lui proposait des cours particuliers pour l’aider à progresser. La lettre se terminait par une formule qui l’avait enchantée. Veuillez agréer, Mademoiselle, l’expression de mes profonds sentiments.

Les cours particuliers avaient rapidement pris une allure de course folle autour du mobilier de l’atelier de l’artiste. Puis, sans doute lassé par la belle, peut-être aussi pour se venger de l’arthrose qui le faisait souffrir, il s’était mis à la battre. Au début, de simples claques, puis des pains, comme dans les films de gangsters, sauf que là, elle les sentait passer les pains. Un jour il lui demanda un dictionnaire et la frappa à l’estomac, avec le dico, mais c’était moins efficace que l’annuaire des flics, alors il avait préféré la batte au dictionnaire.

Aujourd’hui, c’est plus sérieux, il tient un couteau de cuisine à la main et son regard ne laisse aucun doute à la pauvre Rose abattue.

Tout à coup elle se met à crier :

- On est en décembre. C’est le 2, aujourd’hui

Il la regarde presque amusé

- Et alors !

- Tu nous joue la scène de novembre… Tu aurais déjà du poster ton texte.

Il pâlit. Il semble se décomposer, se liquéfier

- Tu es sûr ?

- Evidemment, regarde, je n’ai plus de bleus, je suis en pleine forme, je n’ai plus peur.

- C’est vrai ! Qu’est-c que je vais devenir ?

- Ca mon bonhomme, il fallait y penser avant.

Elle s’est levée prestement et lui prend le couteau des mains.

- Tu verras avec le Webmaster.  Ajoute-t-elle en se retournant pour quitter la pièce.

- Oh non ! Pas le Webmaster !

Il s’effondre à genoux.

- Je t’en prie, ne me laisse pas affronter le Webmaster

Elle revient vers lui et le contemple avec une certaine pitié.

- Tu as placé tous les mots, au moins.

- Oui, je crois il me manque juste potiron

- Non potiron ce n’est pas nécessaire, que veux-tu que je fasse ?

- Je ne sais pas ! Mais ne me laisse pas affronter le Webmaster.

Elle s’agenouille devant lui et lui prend la tête entre les mains.

- Tu fais moins le malin, maintenant. Quand je pense qu’à deux jours près, tu aurais pu me saigner pour la bonne cause. T’es vraiment con.

D’un geste sec, elle lui brise les vertèbres. Comme dans les films chinois à deux balles. Puis à l’aide du couteau, elle s’applique à détacher le chef du reste du corps sans vie. Mieux que dans les films chinois mais pas évident.

Elle emballe la tête, laissant au sol un corps encore chaud, d’où s’échappent encore quelques flots d’un liquide visqueux.

- Voilà ! Le Webmaster sera content. On lui devait bien ça ! Vu le retard.



Note : Chef n'est plus usité pour désigner la tête, mais c'est mon blog après tout...


Par Gerard Menvussa - Publié dans : Contrainte
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /Nov /2007 22:40


L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.

Merci Victor.


- Qu’est-ce que tu fais là, dans une caisse en bois, à six pieds sous terre ?

- Je dors, et j’aimerais qu’on me foute la paix, on m’avait promis le repos éternel.

 

 

- Ca va, ne râle pas, l’éternité c’est long, tu vas finir par t’ennuyer.

- Je ne suis enterré que depuis cinq minutes que déjà tu viens m’enquiquiner !

- Elle est bonne celle-là, cinq minutes, mais cela fait déjà cinq ans que tu croupis dans ta caisse en bois.

- Et bien comme cela, l’éternité passera plus vite. Et puis ferme la porte, il ya des courants d’air.

- Courants d’air ! Ce sont des trous de vers dans ta vieille carcasse. Je te laisse.

Le temps passe donc si vite, quand on est mort, pourtant j’ai du mal à trouver le sommeil, des images qui me reviennent perpétuellement. Il me manque un peu.

- Salut ! Me revoilà ! Comment te sens-tu ?

- C’est un peu long, je l’avoue. Ca me gratte dans le dos, et je n’arrive pas à me retourner.

- Tu m’étonnes, te retourner, ça ne s’est jamais vu, quoiqu’on en dise. C’est dans ta tête tout ça, enfin, façon de parler. Tiens j’en vois un.

- Tu vois quoi ?

- Un ver.

- Ou ça ?

- Dans ton orbite gauche.

- C’est écœurant !

- Pas beau à voir ! Mais ça va bien avec le reste.

- C’est peut-être ça un œil de « ver » !

- Mais tu n’as pas perdu ton sens de l’humour ! C’est bien, ça conserve.

- Ca fait combien de temps, maintenant ?

- Plus ou moins cinq siècles. Tu trouves toujours que cela passe vite ?

-  Non ! C’est mortel ici.  Mais, tu es qui toi ?

- Ah, la question que je redoutais, il fallait bien que tu la poses un jour. Je suis ta conscience.

- Ma conscience ! Que fais-tu ici ?

- Pareil que toi, je tue le temps !

Par Gerard Menvussa - Publié dans : Humour
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Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 13:48

Nous prenons à témoin ces forces qui nous entourent, qui se moquent de nous.

 
Trois jours qu’il pleut. Trois jours d’orage, de vent, de tempête.
Je suis là, au chaud, à siroter mon thé sucré, à regarder l’eau glisser sur les carreaux.
Je regarde par la fenêtre, les éléments se déchainent mais mon regard se perd dans le vide. Je regarde au-delà des arbres qui ploient, au-delà de la forêt qui gémit.
A quoi je pense ? A rien, à toi.
Je voulais être ton légionnaire, pour toi sentir le sable chaud. Une larme coule sur ma joue, mon regard s’embue. Dans un soupir, je porte la tasse à mes lèvres. Un éclair, comme un signal, me sort de ma torpeur, les gouttes de pluie brillent dans la lumière du feu du ciel comme un millier de diamants. Mais toi tu es partie, scellant ainsi notre rupture. L’orage est l’artisan de ma triste rêverie. Comment définir l’état dans lequel je me trouve. Tolérance, n’est plus pour moi, qu’un mot creux, j’enrage, je souffre et je t’en veux. Dehors la tempête fait rage mais c’est au-dedans de moi qu’elle semble maintenant s’insinuer, mon estomac se noue, mon regard se noie, le désespoir me submerge. Tu es partie, emportant avec toi le meilleur de moi.
Le vent qui souffle, la pluie qui frappe, qui détrempe et qui noie, l’orage qui tonne et zèbre le ciel se moquent bien de mes états d’âmes.


 

Par Gerard Menvussa - Publié dans : Contrainte
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