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Samedi 19 janvier 2008
Scoop ou pas scoop.

Je ne suis certainement pas le premier à lire ceci, mais tout le monde n'est peut-être pas encore au courant, et pour une nouvelle, c'est plutôt une bonne nouvelle.
Voici ce que vous pouvez découvrir sur le web.


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Fulgures.com

Non vous ne rêvez pas...
Fulgures est bien en train de renaitre de ses cendres (mais pas en Belgique comme nous l'avions prévu).
Pour le moment le site est fermé car tout n'est pas encore au point, mais nous devrions pouvoir vous recevoir courant février (si tout se passe bien).
Comme dirait l'autre, stay tuned !
Signé Furax (& cie)

Par Gerard Menvussa
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Samedi 19 janvier 2008
Que l'on parle de  chat ou d'autre chose !



Matez ma tique.

 

Matez ma tique dit le chat revenant de son escapade. On ne compte plus il est vrai les jours ou je reviens sans tant il est difficile de trouver un nombre adéquate entre un et zéro. Et oui, même moi, chat, ça je peux comprendre. Et l’on dit que les chats ne savent pas compter… Au moins jusqu’à neuf, c’est plus prudent si l’on veut économiser la dernière… Economiser sans intérêt, aucun intérêt me direz-vous ! Aucun intérêt, parlez pour vous, j’y tiens à cette dernière vie. Mais non, suis-je bête, vous ne me direz rien, les chats ne savent pas parler et ne comprennent pas le langage des hommes. Là, c’est vous qui faites preuve d’un esprit limité, d’une incohérence, vous me prenez toujours à témoin et me conter les exploits ou mésaventures de votre journée. Vous voyez, j’ai des lettres. Evidemment vous ne croirez jamais que c’est moi, le chat, qui ai écrit ces lignes, et pourtant en vérité je vous le dis… Mon Dieu quelle envolée, je plagie, preuve s’il en fallait encore  que ma culture ne se borne pas à l’aspect culinaire.

Mais revenons-en à ma tique. Ayez l’obligeance, je vous prie de daigner me l’enlever, car si je peux, parler, écrire, compter quoique vous en pensiez, il m’est bien difficile de la décrocher seul.

Je vous sens rebuté par cette action pourtant simple à réaliser. Peut-être trouvez-vous que la chose se répète un peu trop souvent… Comment ça, une hache, mais vous êtes fou mon ami, faites donc attention ;

Ca y est, vous m’avez détaché le chef du reste du corps. C’est malin ! Certes la méthode est radicale pour m’extraire cette terminaison dont j’étais affublée, mais j’estime que les dommages collatéraux sont disproportionnés. Qu’importe il m’en reste huit. Ne bougez pas, je prends ma tête sous le bras, enfin sous la patte, enfin comme je peux… déjà que je me suis fait rouler, je ne vais pas en rajouter en la poussant sur le sol. Comment ça, non ! Je n’en ai plus huit ! Sept alors ! Non plus ? Ni six, ni cinq ?

C’était la dernière ?

C’était la seule ! Vous voulez me faire peur !

C’était une légende …

Chat alors !

Vous auriez pu me prévenir. Donc, vous m’avez occis pour de bon, façon de parler, rien de bon pour moi la dedans.

Bon je prends ma tête et m’en vais mourir ailleurs.

Je suis déjà mort ! Mais je parle encore.

Ca ne se fait pas ! je suis un chat mal élevé… Il est vrai que je me sens un peu abattu.

Mais c’est de votre faute si je parle encore, vous donnez toujours votre langue au chat.

 

Vous savez quoi !   Vous êtes un chalaud !

Par Gerard Menvussa - Publié dans : Humour
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Samedi 19 janvier 2008
Un accident est si vite arrivé !



Son verre n’a pas atteint le mien. Le mouvement s’est figé, nous n’avons pas trinqué. La musique s’est arrêtée brutalement. Je me sens léger, il me semble quitter mon corps, prendre de la hauteur, du recul ; La scène m’apparaît maintenant dans son ensemble. Tous sont figés, moi de même. La pendule s’est arrêtée elle aussi. Elle marque exactement minuit.

Les douze coups venaient juste de résonner quand ce phénomène s’est produit.

Un juron déchire le silence et un personnage venu de je ne sais où, fait irruption dans la pièce. D’un coup je suis réintégré dans mon corps. Je pose mon verre et me tourne vers l’intrus.

- Je peux faire quelque chose pour vous ?

Surpris, il a un mouvement de recul.

- C’est vous !

- Oui, c’est moi ! On se connaît ?

- C’est vous le détraqueur !

- C’est vous le détraqué !

- Ne riez pas jeune homme !

- Oh ! Là vous marquez un point, vous me flattez, cela fait au moins vingt-cinq ans qu’on ne m’a plus appelé jeune homme.

Ma remarque le fait très légèrement sourire.

- Qu’est-ce donc que cinquante ans, que cent ans, cinq cents ans ! Voyez-vous, jeune homme, j’ai plus de trente mille ans.

C’est à moi de sourire, pour sûr, j’ai à faire à un fou.

-  Vous vous êtes échappé de quelle administration ?

Mais déjà, il change de sujet.

- C’est vous qui avez détraqué le temps.

- Comment ça, j’ai détraqué le temps !

Et, lisant l’incrédulité sur mon visage, il ajoute :

- Je ne vous parle pas du temps qu’il fait mais du temps qui passe.

- Ca me dépasse un peu. Dis-je en me grattant le sommet du crâne.

- Qu’ai-je donc bien pu faire pour détraquer le temps.

- Vous avez saisi l’instant.

- J’ai quoi ?

- Vous avez saisi l’instant, l’ultime seconde de l’année qui se terminait, vous l’avez saisie. Au lieu de vous contenter de fêter la nouvelle année vous vous êtes concentré sur cette dernière seconde et vous avez figé le temps.

- Je ne comprends pas grand-chose à la situation, mais force m’est de constater que mes proches, mes amis, toujours figés dans ces postures qui frisent le ridicule, semblent accréditer la thèse de mon invité surprise.

Je me hasarde à poser une question :

- Combien de temps cela va-t-il durer ?

Mon inconnu se met à rire de bon cœur. Je ne vois pourtant pas ce qu’il y a de drôle dans ce que je viens de dire.

- Comment voulez-vous que cela dure, puisque le temps est arrêté.

Je m’emporte un peu.

- Merde ! Vous avez très bien compris ce que je veux dire. Ne pouvez-vous remettre le temps en marche ? A quoi servez-vous à la fin ?

Je crois qu’il n’a que faire de ma colère. C’est un technicien, il a constaté la panne il doit réparer et mes états d’âmes ne le touchent guère. Pour me répondre, il a repris un ton froid impersonnel, sans animosité, sans compassion.

- La chose n’est pas si simple, vous avez arrêté le temps en ce point de l’espace vous l’avez donc modifié en tous points de l’espace mais de façon inégale. Vous avez créé une distorsion. Si je me contente de relancer le temps, l’effet sera catastrophique. Il est indispensable que je vous renvoie dans le passé ; disons d’une unité.

- C’est quoi une unité ?

- Une de vos années. Je vais vous renvoyer à la seconde près au 31 décembre 2006 à minuit.

- Vous voulez dire que je vais me retaper toute cette année 2007, bigre c’est de loin la pire de mon existence. Est-ce que j’aurai conscience de ce doublement ?

- Laissez-moi réfléchir… Je pense que c’est préférable, à vous de faire attention et de ne plus vous concentrer sur cette ultime seconde.

Là-dessus le bonhomme s’éclipse.

Je m’attendais à entendre le tintement des verres qui s’entrechoquent, les voix, la musique, mais rien de tout cela ne se produit.

Mon bonhomme est de nouveau face à moi.

- Ca n’a pas marché ! Lui dis-je. Comme maître du temps vous me semblez avoir quelques lacunes.

- Ca a parfaitement marché. Regardez autour de vous.

Je jette un regard circulaire, tout me semble normal quoique anormalement figé. Un détail me chiffonne, le quel ? Patricia ! Que fait-elle ici ?

- Nous sommes le 31 décembre 2006 ?

- Effectivement ou plus exactement le 1er janvier 2007.

- Mais pourquoi tout est-il encore figé.

- Ce serait plutôt à moi de poser cette question, qu’avez-vous encore fait ?

- Non ! Mais c’est une manie que vous avez, de m’accuser. Je n’ai rien fait. Je n’ai pas saisi d’instant. Quelle idée de m’avoir renvoyé à ce même instant un an auparavant ! Comment faire pour ne pas avoir mon esprit occupé par cet instant !

-Bon ça va ! Mais pourquoi n’avez-vous rien dit avant ?

- C’est qui le spécialiste ? C’est vous, non ? Ce n’est tout de même pas à moi de préciser ce qu’il faut faire ou ne pas faire.

- Bon, d’accord, vous n’avez pas tout à fait tord, je vais vous renvoyer une unité en arrière…

- Stop ! Ca peut durer longtemps cette histoire. Avec tout ça je n’ai même pas bu une goutte de champagne. Vous ne pourriez pas me renvoyer quelques minutes en arrière plutôt que de travailler à l’année, ce qui ne résout rien !

- C’est que… C’est compliqué !

- Comment ça, compliqué !

- Je ne sais travailler qu’à l’unité, fractionner demande à réaliser des calculs savants.

- Des calculs savants ? Une règle de trois, vous ne savez pas faire ?

- De Troie ? De Troie je ne connais que le cheval et je ne vois pas en quoi cela peut nous servir !

- Laissez tomber les calculs, je m’en charge.

 

La fête bat son plein, les douze coups de minuit vont bientôt sonner. Nous allons passer en 2007.

 

2006 n’a pas été une bonne année, j’espère que les choses vont s’arranger en 2007.

On frappe à la porte, tout au moins c’est qu’il m’a semblé mais je suis apparemment le seul à avoir entendu.

Un petit bonhomme assez étrange m’attend sur le seuil. Il semble assez gêné de me déranger à quelques minutes de la nouvelle année.

- Je suis coincé !

- Pardon ?

- Je suis coincé dans votre temps…

Un cinglé, un original, un comique… A qui donc ai-je à faire ?

- Vous ne me reconnaissez pas ? Evidemment je vous ai renvoyé en effaçant tout souvenir, vu la catastrophe de votre premier retour en arrière.

Je ne sais pas quoi faire avec cet individu, je reste sans voix. Il n’a pas l’air méchant mais a tout du cinglé. Il récite une phrase compliquée, incompréhensible.

- Mais qu’est-ce que vous faites là, le temps n’est plus arrêté.

- Vous avez retrouvé la mémoire ! J’essaye de vous expliquer que je suis coincé dans votre temps.

Dans la salle à manger, les convives ont commencé le compte à rebours, nous allons changer d’année.

 

- Déjà !!! Retournez avec votre famille, oubliez tout. Vous ne me connaissez pas, vous ne m’avez jamais vu.

Je suis seul sur le pas de la porte, et je me demande ce que j’y fais… Oublier ! Ca résonne dans ma tête à m’en faire mal, sur fond de musique et du bruit de la fête. Qu’ai-je donc oublié ? j e me concentre sur l’instant, quelque chose m’échappe et ce bruit qui m’empêche de réfléchir !

Tout à coup le silence. Je retourne dans la salle à manger, curieux d’en connaitre la cause.  Arrêt sur image ! Jai du manquer quelque chose, tout le monde est figé, le temps semble s’être arrêté.

Un toussotement, je me retourne, un drôle de petit bonhomme se tient devant moi.

Par Gerard Menvussa - Publié dans : Contrainte
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Samedi 19 janvier 2008

J’ouvre les yeux, elle est là et me sourit. Nous communiquons par signes maintenant. C’est notre septième entrevue. Je lui explique que cette année, ça me fait tout drôle de parler ainsi, je l’ai rencontrée à plusieurs reprises mais qu’elle ne m’a pas reconnu,  que le 22 décembre je l’ai même franchement abordée, essayant de lui faire comprendre que nous nous connaissions dans un autre « espace-temps » mais qu’elle m’a pris pour un fou et m’a chassé sans ménagement.

Elle rit, elle ne se moque pas de moi, elle rit tendrement. Au fait, elle s’appelle Delphine.

De nouveau je me retrouve chez moi. Elle n’a pas eu le temps de me donner la moindre explication. Cette nouvelle, ancienne année se déroule sans rien de bien remarquable. Je la vois régulièrement mais sans plus oser l’aborder, je ne comprends pas. Elle semble vivre le parfait amour, sa vie semble se dérouler normalement.

J’ai constaté un élément qui jusqu’alors était passé inaperçu. Je vieillis. Le phénomène est étrange. Le premier janvier, c’est la continuité avec le 31 décembre, mais après, tout s’accélère. Cette année je vais prendre huit ans en douze mois, et ça n’ira qu’en empirant. Ma femme commence à s’inquiéter d’autant que mon caractère devient, lui, de plus en plus difficile à supporter. Mais cette prise de conscience n’apparaissant encore qu’en fin d’année, elle n’a pas le temps de réagir que les pendules se remettent à zéro.

 

Vous êtes-vous déjà endormi en lisant un livre. Vous vous réveillez en sursaut, vous essayez de reprendre votre lecture, vous vous rendez compte au bout de trois lignes que vous avez déjà lu ce passage.

Pour moi, c’est un peu ce qui se passe. Je lis la bande dessinée de ma vie, mais je suis incapable de tourner la page et je relis indéfiniment la même double page. Je ne me contente pas de la relire je la revis.

 

J’ouvre à peine mes yeux qu’elle me fait déjà des signes. Elle me demande sur quelle année je suis bloqué. La question me semble incongrue tellement il est évident que ça ne peut être que 2007. Tout à coup je comprends où elle veut en venir, je lui réponds donc avec une crainte naissante.

A ma réponse je vois son visage qui s’assombrit soudain. Elle, c’est 2008 qu’elle revit inlassablement. Pas étonnent qu’elle ne puisse se souvenir de moi lorsque je la rencontre.

Nous sommes donc condamnés à un chassé-croisé surréaliste.

 

J’ai perdu tout espoir de sortir de ce piège temporel, l’année se passe, lui succède la même année. Une question m’assaille, question que je ne m’étais pas encore vraiment posée. En 2008, où suis-je ? La bande dessinée ne s’arrête pas au 31 décembre 2007 d’après ce que m’a dit Delphine.

Mais elle peut me le dire, elle, ce que je suis en 2008.

 

Delphine me regarde, des larmes coulent sur ces joues. Cette question, elle la redoutait, cela fait déjà longtemps qu’elle a la réponse mais elle ne voulait pas m’en parler. En 2008, je n’existe pas, en fait je suis mort dans cette fameuse nuit du nouvel an. Finalement ce piège me donne une espèce de sursis, un avant goût d’éternité.

 

Eternité, tout est relatif, je vieillis de plus en plus vite. Cette année je vais vieillir de 40 ans en douze mois. Autant dire qu’à partir de mars, ma femme va vraiment s’inquiéter. A partir d’octobre je vais devenir gâteux. Heureusement ma rencontre avec Delphine, si on peut appeler cela une rencontre se passe en début d’année soit avant que de commencer à vieillir.

 

J’ouvre les yeux, je suis seul. Delphine n’est pas là. C’est la cinquième fois que je me retrouve ainsi, seul. Evidemment, tout comme moi, elle vieillissait de manière accélérée. D’une façon ou d’une autre, elle n’a pas supporté. Au début je n’ai pas voulu y croire, au cours de l’année, la seule qui me reste, je l’oublie de plus en plus vite. Ce n’est que le 31 décembre que je retrouve ma lucidité.  Cette année je vais prendre soixante douze ans en douze mois. En Août, au plus tard, je serai à l’hôpital pour traitement contre le vieillissement accéléré, et avec un peu de chance en décembre ça se terminera. La dernière fois ils m’ont récupéré de justesse, les cons !

 

Et voilà, je suis mort le 26 décembre à 22heures 31. C’est précis. Il paraît que je faisais au moins 130 ans. Comme si quelqu’un pouvait savoir comment on est à cet âge là.

Mais il y a un hic. Je suis toujours là et sans Delphine. Comment a-t-elle fait pour échapper à ce sort.

Comment cela va-t-il se terminer ! Il faudrait que je puisse prendre cent ans dans la minute qui suit le passage à la nouvelle année… Ca finira bien par arriver !

Par Gerard Menvussa - Publié dans : Contrainte
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